Né en Argentine, Alaniz vit et travaille aujourd’hui à Berlin (Allemagne). L’artiste peint au rouleau avec instinct et force des portraits expressifs.
L’inspiration vient généralement lors de la découverte du support et du lieu. « Si vous voulez peindre dans la rue, vous devez connaître la rue et savoir à qui vous parlez. Je voudrais penser que mon œuvre est défini par le contexte.
Vous pouvez définir cette philosophie comme ceci : quand vous êtes dans un grand espace bondé, vous devez littéralement crier dans l’oreille de quelqu’un pour vous faire entendre. Dans une petite chambre cependant, il n’y a pas besoin de crier. Vous pouvez parler plus doucement et généralement être une personne plus agréable, non ? »
Une rue, une histoire
Rue Adolphe THIERS
Afin de perpétuer le souvenir du premier président de la Troisième République le conseil municipal décida, en 1878, qu’une rue de Boulogne-sur-Mer porterait le nom de Adolphe Thiers ; un choix discutable, puisque la disparition de ce patronyme est régulièrement souhaitée. Ainsi le 1er mai 1994, un groupe de Boulonnais rebaptisa cette artère Rue de la Commune, afin de rappeler les nombreux morts imputables à Thiers lors de la sinistre répression de 1871. Cette voie reliant le coeur de la ville à l’ancien quartier des marins aurait pu s’appeler Rue du Commerce, puisque l’ex-Rue Neuve-Chaussée, qui a succédé à la Rue des Minimes (du nom du couvent des religieux installés à cet endroit) a toujours été la plus animée de la cité. Les vitrines de ses magasins sont un but de promenade pour les habitants et les visiteurs. Le luxe, qui était jadis son image de marque, a peu à peu cédé la place aux enseignes des succursales multiples que l’on retrouve hélas partout ailleurs. Et la fermeture des ‘‘Nouvelles
Galeries’’ n’a rien arrangé ! Après le pavage central de sa chaussée, la Rue Adolphe Thiers est devenue semi-piétonne : une formule qui ne satisfait pas l’ensemble des promeneurs, qui doivent toujours se méfier des « deux-roues » qui ignorent superbement cette disposition. Des bancs, de la végétation et une statue (L’Etreinte) agrémentent cette artère qui présente néanmoins quelques beaux immeubles, dont la résidence ‘‘Cour Napoléon’’ : un ex-hôtel à la façade richement décorée d’urnes et de médaillons à bustes profilés.
Alaniz rend hommage à la nature sur les murs de la résidence Saint-Louis
A l’image du magnifique mur composé dans le jardin éphémère « Street Art vs Land Art » devant l’hôtel de ville (plus d’infos : https://urlr.me/UTpqKP ), une nature fantastique et onirique a pris racine sur les murs de la résidence étudiante Saint-Louis.

Une nature luxuriante aux tons fluorescents comme une invitation au voyage. Voilà le magnifique spectacle que les étudiants boulonnais, habitants de la résidence Saint-Louis, vont avoir le plaisir d’observer chaque jour à partir de la rentrée. L’oeuvre est signée Alaniz, déjà passé par Boulogne-sur-Mer pour réaliser une magnifique reproduction de la « Ramasseuse d’épaves » de Francis Tattegrin rue Thiers en 2017. Le muraliste argentin a également signé il y a quelques semaines un magnifique mur à découvrir dans le cadre du jardin éphémère devant l’hôtel de ville. C’est d’ailleurs cette même nature sauvage et fantastique qui se prolonge ici, quelques rues plus bas dans le cœur de ville.
« Des fleurs inconnues, des plantes qui soignent, des créatures merveilleuses peuvent devenir nos guides et nous montrer la voie » expliquait alors l’artiste. Un message qui se poursuit ici. « Ce mur est essentiellement un hommage à la nature » confie Alaniz. Où l’artiste a pu laisser parler toute son imagination en créant des couleurs uniques. « Personnellement, j’ai toujours aimé expérimenter des choses différentes et évoluer dans ma peinture et mon art. Pour cette fresque, j’ai pris beaucoup de liberté avec mon style. Depuis mon premier passage à Boulogne, je pense que je me suis amélioré techniquement. J’utilise uniquement le rouleau et le pinceau et j’aime créer mes couleurs. J’aime parfois tester le rendu directement sur le mur en superposant les couches pour obtenir quelque chose de plus organique. Est-ce que le résultat est meilleur ? Ce sera au public de juger. »
A voir les premiers retours, les Boulonnais et touristes semblent conquis. Une joie pour celui qui revient à Boulogne-sur-Mer avec plaisir. « Je me sens vraiment chez moi à Boulogne. Revenir après huit ans et voir l’évolution du festival est quelque chose de très impressionnant. C’est fou le travail qui a été réalisé avec la venue de grands artistes et des magnifiques murs à découvrir dans toutes les parties de la ville. C’est quelque chose de très précieux. J’espère que vous êtes conscient de la chance que vous avez. »
Un parcours unique qui s’enrichit d’une superbe fresque de cet artiste singulier qui a transformé le visage de la rue Saint-Louis.
Portrait : Né en Argentine, Alaniz vit et travaille aujourd’hui à Berlin (Allemagne). L’artiste peint au rouleau avec instinct et force des portraits expressifs. L’inspiration vient généralement lors de la découverte du support et du lieu. « Si vous voulez peindre dans la rue, vous devez connaître la rue et savoir à qui vous parlez. Je voudrais penser que mon œuvre est définie par le contexte. Vous pouvez définir cette philosophie comme ceci : quand vous êtes dans un grand espace bondé, vous devez littéralement crier dans l’oreille de quelqu’un pour vous faire entendre. Dans une petite chambre cependant, il n’y a pas besoin de crier. Vous pouvez parler plus doucement et généralement être une personne plus agréable, non ? » Déjà passé par le festival en 2017, il avait réalisé un magnifique hommage à l’œuvre iconique de Francis Tattegrain exposée au Musée : « la ramasseuse d’épaves ». Il est de retour à Boulogne-sur-Mer pour une triple expression artistique rue Saint-Louis, boulevard Daunou et au cœur du jardin éphémère dans la ville fortifiée.
Alaniz nous invite à trouver la lumière pour garder l’espoir d’un monde meilleur
Son premier passage fin juin a été rapide comme l’éclair. En prémices du festival Street Art qui fête cette année ses dix ans, Alaniz a réalisé une magnifique fresque sur un mur de l’hôtel Ibis Budget boulevard Daunou. Comme ces enfants qui ont trouvé la lumière, il faut toujours garder l’espoir d’un monde meilleur.
Son passage avait marqué Boulonnaises et Boulonnais en 2017. Amateur d’art, le jeune artiste argentin avait alors choisi de reproduire un tableau iconique des collections du musée Chateau – comtal : la ramasseuse d’épaves de Francis Tattegrain.

Cette fois, c’est une composition personnelle qui est apparue sur le mur de l’hôtel Ibis Budget du boulevard Daunou. Après le trompe l’oeil fantastique de Shozy l’année dernière, l’hôtel affiche désormais deux jeunes enfants qui contemplent la lumière. Une belle allégorie de l’espoir qui doit toujours guider les esprits dans les temps sombres de l’actualité récente. « En regardant toutes les choses négatives qui se passent dans le monde, il est facile de voir son état d’esprit s’assombrir » explique l’artiste. « Les nouvelles de la guerre et de la destruction peuvent nous faire perdre espoir et devenir déprimés. C’est quelque chose que je ressens personnellement de temps en temps. Mais comme ces enfants qui trouvent le bonheur dans les petites choses, nous devons aussi trouver un espace sûr et l’espoir que tout puisse changer pour de bon » insiste-t-il avec conviction. « Nous devons garder cette bougie allumée, celle qui vous fait croire qu’un monde meilleur est possible, sourire et profiter de la vie. Aussi petit que nous puissions nous sentir, nous pouvons agir et faire la différence. Mais pour y parvenir, nous devons croire qu’un changement est possible. Nous devons être notre point de départ pour transformer notre réalité. » Un engagement philosophique et un message universel : « Allons-y, allumons cette lumière ! »

Une lumière et un éclat qui brillent toujours dans les yeux de cet artiste charismatique, tout heureux de revenir à Boulogne-sur-Mer huit ans après une première fresque. « Je me sens vraiment comme à la maison ici » reprend Alaniz. « La ville et les habitants, tout m’apparaît comme très familier. C’est toujours un plaisir de venir à Boulogne-sur-Mer. »
Un plaisir partagé autour d’une œuvre profonde qui amène la lumière et le bonheur simple d’un enfant, à admirer boulevard Daunou.






