A l’image de Guido Van Helten, Manuel Moreno Guirao est allé au bout de son concept rue des Pipôts. Après deux murs en face à face, hommage aux travailleurs qui ont construit la ville, c’est par une artère symbolique de Boulogne-sur-Mer, la rue du Machicoulis, que l’artiste espagnol conclut son œuvre. Une autre image de la vie ensemble et du partage du temps libre autour de ces maisons, cocons de générations de travailleurs.



Le sourire toujours accroché au visage, le jeune espagnol voit la fin du travail approcher. Et qui dit fin de participation au festival, dit aussi retour à la maison. Une philosophie qui colle au muraliste qui conclut donc une trilogie de trois murs par cette magnifique représentation de la rue du Machicoulis, artère symbolique de la ville avec ses escaliers et ses petites maisons, endroit de repos après le travail des pêcheurs.
« J’ai voulu représenter cette rue car c’est la plus populaire dans l’esprit des gens de par son architecture spécifique en escaliers construits au XIXème siècle » explique l’artiste. « L’idée est toujours de parler de la communauté, de la vie ensemble dans un contexte très local. C’est peut-être un peu plus « cliché » et politiquement correct que les deux premiers murs mais c’est complémentaire. Car au-delà du travail, il y a la vie de tous les jours et le temps libre. Le travail est important tout comme la vie sociale à côté. C’est une réalité qui est belle aussi. »



Une troisième composition qui reprend l’esprit des deux premières avec le côté « route » comme le chemin de fer en construction et la partie intime avec les habitations que l’on a construit et où l’on vit. « Dans le même esprit, j’ai voulu utiliser une palette de couleurs qui se situe entre les deux murs pour garder une cohérence visuelle ainsi que dans le message à transmettre. »
Enfin, là-aussi, la forme du mur a compté. « On est sur un mur très vertical, qui fait penser à un portrait » reprend Guirao. « Cette image tout en hauteur collait parfaitement à la perspective qu’offre le mur. » Et le tout dans un contexte, la rue des Pipôts, magnifique avec ces très nombreuses fresques. « Je pense qu’il va être difficile de trouver de nouveaux murs ici » sourit l’artiste. « Plus sérieusement, peindre dans cette rue est génial avec toutes ces œuvres. C’est une chance, un privilège et un plaisir. »


Un plaisir partagé par les visiteurs, très nombreux à la parcourir et à admirer le musée en plein air boulonnais.




