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Manuel Moreno Guirao rend hommage à l’histoire, le travail et le savoir faire boulonnais pour construire l’avenir
Catégorie(s) : Actualité
Publié le : 25/08/2026

Après une magnifique première fresque signée Manuel Moreno Guirao rue de la Tour Françoise, l’Espagnol réalise un second projet d’envergure rue des Pipôts. Trois murs ont changé de visage grâce au talent de l’artiste. Les deux premiers se font face et rendent un bel hommage aux travailleurs qui ont bâti le Boulogne d’aujourd’hui.

Spot déjà très prisé des amateurs d’art urbain, la rue des Pipôts confirme un peu plus sa place centrale dans le musée à ciel ouvert boulonnais. Après Jasmine Crisp juste un peu plus haut, c’est le muraliste Manuel Moreno Guirao qui livre deux nouvelles fresques en face à face. Une belle reprise de la philosophie de l’artiste croate Lonac dont les deux murs qui se répondaient ont dû être effacé afin de permettre des travaux d’étanchéité réalisés par les propriétaires.

Cette fois-ci pas de jeune femme qui suit l’évolution du jour mais un concept lié à l’histoire de la ville et les Boulonnais qui l’ont construit. « La philosophie est différente de mon premier mur qui faisait référence au sport et a des choses que j’ai pu trouver en Australie » explique l’Espagnol qui vit depuis quelques années sur l’île continent. « Pour ces deux murs, j’ai vraiment voulu m’inspirer de la ville et de ses habitants ». Pour trouver l’impulsion artistique, direction la bibliothèque des Annonciades. « J’ai fait pas mal de recherches autour des photos anciennes qui sont aujourd’hui des archives précieuses. » Et le déclic se produit autour de deux clichés qui représentent la vie et le travail au 19ème siècle.

« J’ai choisi ces images pour différentes raisons » reprend Manuel Moreno Guirao. « La première est que je voulais représenter la vie des Boulonnais, leur quotidien, leur travail, bref quelque chose de social sans rentrer dans un aspect politique. C’est une image de la vraie vie et en même temps une perspective d’avenir. La construction du chemin de fer est un symbole de modernité et de développement. Elle permet de bâtir le chemin qui mène au futur. » Ces personnes qui construisent la ville « C’est du solide ». Le message est clair mais avec aussi une remise en cause nécessaire pour avancer située de l’autre côté du mur : « Ça vaut quoi ? ». Ces empreintes laissées sur le béton sont symboliques. « Je n’ai pas voulu représenter des pêcheurs car même si c’est très local, il y a déjà beaucoup de représentation du monde de la pêche sur différents murs. »

En face, « pour que les fresques se répondent et agissent comme un écho sur la même thématique, j’ai représenté des menuisiers qui bâtissent une palissade. » Comme un rapport à l’intime, la construction d’un cocon pour se sentir bien, en sécurité et préserver son monde personnel. Un bel écho complémentaire au chemin de fer qui ouvre vers l’extérieur. « C’est la conversation entre des personnes qui sont des vrais et bons travailleurs » poursuit l’artiste. « L’idée est d’aborder la question sociale du travail. Il est nécessaire de travailler ensemble pour construire quelque chose de solide. C’est la « vie sociale » ». 

Un beau défi relevé haut la main par un jeune street artiste talentueux. « La forme des deux murs m’a aussi inspiré dans le choix des photos. Ils sont très étroits mais assez hauts. Il fallait donc trouver des images avec de la profondeur pour offrir une perspective au spectateur. » Avec une belle palette de couleurs. « Je suis resté dans les mêmes tons pour montrer le lien entre ces deux murs. »

Une œuvre complexe, riche et chargée de messages à admirer rue des Pipôts. 

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