Sur les hauteurs de Boulogne-sur-Mer, rue Bernard Gros, un nouveau coucher de soleil poétique et nostalgique s’offre tous les jours au public. L’oeuvre signée Nean est une belle évocation d’un souvenir universel, un rappel du temps qui passe et une invitation adressée à chacun : prenons le temps et savourons l’instant présent.
L’image est douce et un tantinet mélancolique. Les couleurs chaudes et le jeu des contrastes restent longtemps gravés dans l’esprit comme le soleil sur la rétine. Nean est un jeune artiste belge talentueux qui aime figer le temps et les souvenirs sur les murs pour raconter le roman de notre vie. Cette démarche l’a une nouvelle fois guidée pour cette fresque boulonnaise. « Dans mon processus, j’essaye de raccrocher l’œuvre avec quelque chose d’existant et un lieu que les gens connaissent » explique le muraliste. « Ici, la plage, avec la présence de blockhaus, est quelque chose qui m’intéresse. Je suis très influencé par le romantisme où la notion de temps qui passe est importante. Elle est souvent évoquée par des ruines ou autres et je trouve que le blockhaus s’inscrit dans cette lignée avec une image lourde de sens contrebalancée dans une fresque plutôt légère avec ce coucher de soleil. »


L’objectif du street artiste n’est pas d’en mettre « plein la vue mais de susciter des émotions complexes comme la mélancolie ou la nostalgie » continue Nean. « Et d’amener le spectateur à prendre le temps de contempler les choses. Pour ça, la peinture possède un langage universel fantastique et peut dire beaucoup sans utiliser de mots ni d’explications. J’aime l’idée que le public puisse s’approprier l’image et j’évite d’être trop descriptif et premier degré. » Ici, les personnages sont esquissés « pour ramener l’humain à une échelle plus modeste, plus humble » détaille Nean. « Le jeu des contrastes est aussi important. Il symbolise la dualité entre la première impression et la réflexion. Le blockhaus est un symbole fort mais sans pour autant qu’on le ressente dans la fresque. »
Une fresque entièrement réalisée au pinceau sur un mur « petit qui invite à évoquer les choses intimes » détaille le street artiste. « Mais plus encore que la forme du mur, c’est l’histoire avec les gens qui m’importe. J’ai passé de beaux moments avec les propriétaires et j’ai vraiment voulu leur proposer quelque chose qui soit à la hauteur. Ce sont deux personnes attachantes. Le fait que le festival ait 10 ans d’existence rend également les choses plus faciles. On sent les habitants plus ouverts à l’art dans la rue. C’est vraiment important car pour moi, il y a une belle dimension sociale dans la création de fresques en plein air. Au fond, elles ne sont rien d’autres qu’un prétexte pour échanger, discuter et se faire rencontrer les habitants. C’est ce qui nous anime en tant qu’artiste. »



Une très belle expérience pour le jeune muraliste donc, qui place Boulogne-sur-Mer très haut dans le street art en France. « Boulogne-sur-Mer est un des noms majeurs, un festival incontournable » insiste Nean. « Au niveau national et dans le Nord, il n’y pas beaucoup d’endroit qui peuvent tenir la dragée haute à ce qui est réalisé ici. On sent également que l’équipe est rodée avec 10 années d’expérience et des attentions portées aux détails qui font la différence. Tout ceci témoigne d’une vraie vision sur le long terme avec un vrai confort pour les artistes qui y sont tous très sensibles. »
Tout comme les habitants qui voient chaque année leur ville se transformer un peu plus en un musée en plein air avec une nouvelle œuvre à découvrir rue Bernard Gros.




